Journal d'un prolétaire parisien #14

 Istanbul et la coupure médiatique

Une semaine avec ma copine à Istanbul. Bien sûre, on ne coche pas toute les case que la gauche moraliste voudrait : on dort dans un hôtel miteux à 150€ la semaine, ou le lit était pas fait, en plein quartier touristique, on ne visite pas de musée, mais on se balade au hasard des rues, on mange et on se repose. On est bien entendu le mépris de cette gauche culturelle : le terreaux du tourisme de masse. Mais il faut comprendre : on économise de l'argent à voyager en compagnie low cost, on ne peut pas économiser pour un séjour écolo. Après 3 mois d'hiver éreintant on avait besoin d'une pause. Et ma copine manifeste tout les symptôme du burn out. Alors couper avec Paris (pas de résidence secondaire), juste une semaine, ça fait quand même du bien.

 Pendant ce temps là, je vois la gauche se faire prendre au piège après la mort d'un jeune dans une baston où j'aurais très bien pu participer et mourir. Il y a 10 ans, les hools d'extrême droite et les antifa représentait plus une bagarre de rue entre voyous, une expansion de ce qui se passait aux stade depuis 30 ans. Mais l'extrême droite gagne du terrain. Il faudrait voir comment le champ politique traite de manière différente la mort de Méric et celle de ce jeune homme fasciste.

Il me semble que de toute façon nous n'avons rien à gagner à avaler des couleuvres dans ce genre de débat. Un fasciste est mort, c'est regrettable, mais revenons-en aux conditions de cette rixe : la crise du Capital scinde la société en deux blocs de plus en plus en confrontation, et la violence est en augmentation. Pas la violence symbolique de Bourdieu, celle des coups de poing dans la gueules et consort. Alors tenons la ligne, nous devons sans cesse recadrer la discussion, et comme dans un match de boxe sortir des cordes pour replacer le vrai sujet au centre du débat. La méthode des antifascistes n'est pas forcément la plus mauvaise, c'est la forme qu'elle prend qui l'est. Il nous faudrait de vrais milice ouvrière de quartier, une vigilance dans nos quartiers, des lieux pour se retrouver et discuter... Mais tout cela n'existe pas ou plus. Les plus chanceux sont les parisiens intra muros qui disposent de lieux en bas de chez eux. L'organisation politique doit se faire au sein de entreprise par le syndicat et le parti doit mobiliser sur les territoires.

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