Journal d'un prolétaire parisien #26
Bonjour l'intérim. C'est reparti pour un tour. De nouveau ouvrier, et pour de vrai cette fois-ci. Après une expérience ratée dans un merdier sans nom du social, je retrouve les ateliers, les odeurs de cambouis, les bleues de travail, les jogging en charpies, la poussière de l'industrie, les codes du monde ouvrier. Trois semaines, et le social ne m'a pas vraiment quitté : un collègue qui arrive en puant l'alcool chaque matin depuis que la paie est tombé, un cas social qui se planque pour fumer des clopes dans les toilettes, un chef fan de Salazar, et des cols blancs qui m'ont prit pour un cassos. Il faut donc gérer les dangers de mecs défoncé qui tiennent dans leur mains des cloueurs pneumatiques avec des clous de 12 cm à l'intérieur, mais aussi les outils qui traînent, les hurlements du chef qui n'arrive pas à s'organiser. Comprendre le sens de la production, essayer de rester focus sur son taf alors qu'en permanence il y a une nouvelle découpe...