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Journal d'un prolétaire parisien #22

 Retour à une condition ouvrière relative. Nous y voilà. Après trois de bon et loyaux service en psychiatrie et addictologie, l'appel de la rue et des chantiers s'est fait entendre. Il fallait que j'en finisse avec cette manière de penser le social : des réunions à n'en plus finir, à chercher des solutions à des problèmes, entre "professionnels", entre 4 murs. A vivoter d'un lien précaire à une hospitalisation forcée.  Le social me semble avoir été isolée du reste de la société. La division social du travail, la perte des solidarité traditionnel lors de l'essor des sociétés capitaliste post seconde guerre mondiale, en ont fait un métier à part entière. On soigne, que ce soit la solitude ou les psychoses, en montant de toute pièce des institutions comme celle où j'étais auparavant. La bourgeoisie sort la calculette, ça coûte moins cher et les gens sont moins à l'hopital, ils restent chez eux, donc c'est tout benef. Peut importe la misère soc...

Journal d'un prolétaire parisien #21

 Dennis Lehane - Le Silence (éditions Totem)      Je ne m'attarderais pas sur les présentations de cet auteur, qui a notamment écrit  Shutter Island  et Mystic River . J'aimerai plutôt essayer de montrer ici comment littérature et théorie politique peuvent s'entremêler, à condition d'un minimum de mise en relation, et d'une formation théorique adéquate.      Pour résumer la trame de cet ouvrage, direction Boston, ville à forte immigration irlandaise. On y sera d'ailleurs en immersion, mais nous y reviendrons plus tard. Suite à une décision de la cour, les enfants des quartier noirs iront étudier à la rentrée de 1974 dans les écoles des quartiers blancs. Levée de bouclier de la communauté blanche. Voilà pour le décors. S'en suivront la disparition de la fille de Mary Pat, une mère isolée des quartiers irlandais, la femme la plus badass que j'ai croisée jusqu'à présent en littérature. Mais aussi le meurtre d'un jeune noir américain dans une sta...

Journal d'un prolétaire parisien #20

 Nos joies La littérature bourgeoise sublime la souffrance, les trajectoires tragique. Nos vies suffisent à remplir ce genre besoin existentiel. A l'inverse écrire pour rendre compte de ce qui nous porte, nous qui ne sommes rien à leur yeux, nous qui n'avons qu'un sourire édenté à leur laissé comme souvenir, relève d'un réel attachement à nos formes de vie populaires. Un simple trajet pour aller au boulot peut devenir un moment d'ennui à déjouer. Les souterrains du métro nous engloutissent chaque matin. En regardant un peu la carte de Paris, on peut bifurquer pour des petites joies. Prendre un R.E.R où l'on est pas entassé, pour quelques minutes de plus, sortir à Musée d'Orsay, apprendre à marché dans les avenue que la bourgeoisie se réserve aux belles heures. Et depuis quelques mois, c'est une victoire infime, mais une victoire quand même de savoir où aller sans s'entasser comme des bêtes, de traverser les Tuileries au petit matin. D'esquiver le...

Journal d'un prolétaire #19

  Cette vielle conception bourgeoise de la création artistique... Qui consiste à croire que c'est dans la douleur que l'artiste produit et sublime sa vie et cette misérable condition humaine qui nous accable... J'y repensais en écoutant Mélenchon ce matin, qui faisait remarquer à juste titre que cette conception de la création artistique est tout à fait pathétique. Alors, que le salariat nous ravage, que les problèmes de thunes sont récurent, et je t'en passe et des meilleures, ça, il n'y a pas de toute. Mais de là à prendre pour seul objet l'aspect négatif de la vie des classes populaires, on tourne vite en rond, et ça devient vite dérisoire. Adolescent, c'était le pied, on avait Baudelaire, Rimbaud, et vas-y, les première rêveries, que je me souviens ! Une biographie de Rimbaud m'avait scotché, là au fond de l la salle, je l'imaginais, vagabonder, et puis aussi parler à l'oiseau de feu, qui était apparemment son oiseau imaginaire de compagnie. ...

Journal d'un prolétaire parisien #18

Note de lecture Fiche de lecture : Manuscrits économico-philosophiques de 1844, Karl Marx Présentation du texte : Texte inachevé que Marx gardera tout au long de sa vie comme matériau qu’il complétera. Premier cahier : il reprend les catégories économique de Smith « Profit du Capital » « Salaire du travail » « Rente foncière » (qui détermine chez Smith trois catégories de prix. Le prix naturel qui est différent du prix réel (quantité de travail) qui est différent du prix de marché (offre et demande). Ces trois catégories expriment la structuration en classe de la société civile et articulent la différence entre la classe des travailleurs, la classe des capitalistes et les propriétaires terriens. Permet de montrer la contradiction entre le fait que le travail est source de la richesse et l’appauvrissement du travailleur. Il montre aussi que la propriété privée non remise en question, comme naturelle dissimule le fait de l’aliénation du travail. Deuxième cahiers : Le profit du capital es...

Journal d'un prolétaire parisien #17

 50 nuances de communisme face au désastre en cours. Interpréter le monde ne suffit pas, le transformer est nécessaire. A une époque où il est plus facile de changer sa vie que de changer le monde, tout en imaginant plus facilement la fin du monde plutôt que la fin du capitalisme, nous sommes tous pris de sidération. Pendant longtemps, on nous a vendu la liberté comme étant une liberté de pouvoir et devoir choisir. Sarte en fut l'un des grands penseurs. Depuis quelques années, je navigue à l'extrême gauche, sans réussir à y trouver ma place. Deux paramètres s'imbriquent : les partis d'avant garde cherchent des militants fiables. Je suis un prolétaire défavoriser au parcours chaotique. Les organisations sont méfiantes, manquent ausse d'actualiser leur forme d'organisation sur le principe du soin et de l'entraide. L'arène politique ne permet pas forcément de prendre soin des uns des autres. Alors que nous sommes face à une montée des impérialismes, des gue...

Journal d'un prolétaire parisien #16

 C'était "Punk" La première fois que j'ai aperçu Punk (c'était son blase, simple, basique), il hurlait complètement défoncé au Rivotril à l'angle de la rue piétonne, à Nevers. Il venait de sortir de prison. Dans ce genre de situation, on touche on petit pactole, et la frustration nous emmène souvent à deux endroits : chez les putes et chez le dealers. On finit souvent en garde à vue, car le corps et l'esprit ne suivent plus le rythme effréné de la vie d'avant. Je me souvenais de sa tenue kaki, de sa large crête châtain et frisée, de ses chiens de troupeau étrangement à l'aise dans le paysage urbain. J'avais 16 ans, lui la quarantaine. Il ne connaîtra pas ou peu la cinquantaine. La seconde fois où j'ai croisé Punk, on s'est rencontré. C'était mon premier hiver à la rue, et il avait décidé de me prendre un peu sous son aile. On avait fait la manche ensemble toute la journée. J'avais appris les bases : savoir faire rire les gens av...