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Journal d'un prolétaire parisien #11

 Pour aller mieux, se servir des acquis de Lénine. Guillaume Fondu a proposer quelques fondements pour penser une manière de faire de la politique. En passant par Lénine. Pour Fondu, Lénine apporte trois points essentiels.  Nous savons pertinemment que nous partons de loin. Le mouvement ouvrier a été détruit par les attaques du néo-libéralisme, les changements profond de l'économie et la déception, la désillusion que les travailleurs ressentent après les trahison du réformisme de gauche. A gauche nous pensons qu'il est indispensable de s'investir dans les luttes syndicales. Nous pensons qu'une des manières qui nous permettent de transformer le monde se réalise dans l'activité syndicale. C'est indéniable. Et de ce coté là, le travail est déjà immense. Le syndicalisme doit être investit par les travailleurs. Les pratiques de luttes et la formation de sujet collectif combatif à partir du travail est trop peu investit par les travailleurs.  A travers la figure de Lé...

Journal d'un prolétaire parisien #10

 Reste à ta place. "Je comprends pas pourquoi tu t'angoisse autant pour de la politique, on a aucun pouvoir là dessus, on a déjà du mal à s'occuper de nos propres vie" Voilà, comment on se retrouve le nez dans sa propre merde, avec la "sagesse populaire" de ses proches. Effectivement, la phrase m'a marqué. Parce qu'elle raconte plusieurs choses. Déjà, cette lucidité qui amène n'importe quel travailleurs dans ce monde à savoir que sans pouvoir, on est personne. Un militant trotskyste le résumait avant son procès pour apologie du terrorisme : "si moi, militant révolutionnaire, on me fout un procès, alors qu'est ce que le prolo moyen se dit?!". Sans aucun contact, avec un mouvement ouvrier qui se relève péniblement de 30 ans de réformisme et d'attaque néo-libérale, on est bien conscient d'être dans les choux, à manger la répression plein pot, les problèmes de frics, les guerres internes par manque de vision commune, le manque d...

Journal d'un prolétaire parisien #9

 "La magie et la poésie de la neige"  C'est beau la neige ? Selon l'histoire qu'on se trimballe, cette poésie est relative. Nevers, fin des années 2000, je sors de la ferme de mes parents, avec une branlé magistrale par mon daron, 1m90 et 110 kg de force brute, forgé à 40 ans de charbon dans les prés. Pas grave, je quitte le lycée en finissant en garde à vue, vite confronté à faire la manche, dormir dehors, donc avec mec chaussures dans le sac de couchage. Les inquiétudes de tabassage en prime en pleine nuit. Un soir, on décide de prendre d'assaut à 4 ou 5 les anciens bâtiment de l'ancien hôpital. On s'installe. Refait ! Enfin une nuit à l'abri. 3h du mat', le vigile veut checker que le bat est vide. Le pit-bull de mon pote lance l'alerte. On est grillé. Le mec est désolé, mais c'est dehors, il peut perdre son taf. Mon mépris pour le prolétariat commence sans doute à cette époque, par manque de compréhension des enjeux. Nous y voilà, su...

Journal d'un prolétaire parisien #8

 Les fêtes Beaucoup de camarades ont relaté leur indignation face aux discours de leur proche lors des fêtes. Adoptant la plupart du temps une stratégie qui a pour but de faire changer les mentalités une à une, en débattant avec ces derniers. J'ai longtemps penser mon action militante avec cette tactique comme étant une des principales. C'est désormais révolue. En effet, le fait de militer dans une organisation m'a permit de comprendre que ce genre de discussion n'était pas forcément la plus bénéfique. En comprenant que nous autres communistes, étions un mouvement de sujet collectif, j'ai compris que nos outils d'agitation et de propagande avaient pour vocation de gagner des camarades. Les débats avec la famille ne sont pas pour autant inutile, loin de là, mais en tant que membres d'une organisation, je pense que les discussions individuelles, sont plutôt à faire fructifier avec des personnes qui sont déjà intéressé par notre ligne. Les journaux, les médias,...

Journal d'un prolétaire parisien #7

Noël au balcon, une conscience de classe écologiste est-elle possible?  C'est l'heure de décorer les sapins dans les familles de tradition chrétienne. Alors je me suis prêté au jeux ce week-end chez ma belle famille. Un détail m'a fait tilter : le sapin avait déjà des bourgeons. Normalement l'hiver, il fait assez froid pour que les arbres ne bourgeonne pas, mais cette année, le gèle n'a pas été suffisant, la sève n'est pas redescendu dans les racines et les arbres ont l'impression que c'est déjà reparti pour un tour.  Alors en tant que gosse de la campagne, j'ai eu le coup d'oeil, mais je me rend compte qu'autour de moi personne n'a titlé. Ma belle famille, est plutôt du genre intello. Comme quoi ça ne suffit pas d'écouter Jancovici pour repérer en pratique quand ça part totalement en couille. En plus de ça, j'ai l'impression qu'on s’accommode très bien des températures douces en hivers. Y'a un sursaut quand on en chie...

Journal d'un prolétaire parisien #6

 Survivre en banlieue, taffer à la capitale      C'est tout les jours la même merde, un dilemme à résoudre : soit tu te lève à 5h pour pouvoir faire deux trois trucs avant le taf, quand t'as encore de la jugeote et de la concentration, soit tu dors, et t'as pas l'impression d'avancé. Et ça continu : soit tu prend les transports une heure mais t'es assis, en prenant des trains qui mettent des plombes, soit tu prends 20 minutes les transports bondé; collé à l'écran de ton voisin, quand c'est pas la gueule dans son sac à dos.       J'ai choisis la première solution, notamment parce que j'ai besoin de rester un peu humain quand j'arrive au taf, que je me tape tout les jours deux heures de réunions pour prendre des décisions collectivement avec mes collègues, à propos de gens qui sont déjà pas mal dans la galère.      S'ensuit 8 heures de taf dans la Capitale. En moyenne, c'est entre 10 km et 15 km à pied par jours pour aller d'un appa...

Journal d'un prolétaire parisien #5

  "Paris nous nourris, Paris nous affame, Paris nous tient. Et si tes neurones peuvent suivre, bienvenue dans ce monde ivre."  La Rumeur Le taf ou la taule. Les pilules ou la dépression. Trop souvent, la gauche éduquée nous regarde de haut, arguant l'aliénation comme mode de vie des classes populaires. Que ce soit lorsqu'on se débranche la tête devant des short Youtube, au PMU à mater les courses, au four à revendre deux trois sachets pour arrondir les fins de mois ou juste ramener de quoi payer les loyers. Nos modes de vie sont sujet à la honte, et chaque travailleur sait que la pudeur est une des conditions de survie dans son entourage, surtout si il milite. Alors que le métro se remplie comme une bétaillère à bestiaux, qu'on nous réveille à l'aube pour des salaires insultants, qu'on perd des chicots dans des bastons avec des frères, des soirs de cuite, où lorsqu'on a besoin de s'affronter à d'autres masculinité, particulièrement celle de la ...