Articles

Journal d'un prolétaire #19

  Cette vielle conception bourgeoise de la création artistique... Qui consiste à croire que c'est dans la douleur que l'artiste produit et sublime sa vie et cette misérable condition humaine qui nous accable... J'y repensais en écoutant Mélenchon ce matin, qui faisait remarquer à juste titre que cette conception de la création artistique est tout à fait pathétique. Alors, que le salariat nous ravage, que les problèmes de thunes sont récurent, et je t'en passe et des meilleures, ça, il n'y a pas de toute. Mais de là à prendre pour seul objet l'aspect négatif de la vie des classes populaires, on tourne vite en rond, et ça devient vite dérisoire. Adolescent, c'était le pied, on avait Baudelaire, Rimbaud, et vas-y, les première rêveries, que je me souviens ! Une biographie de Rimbaud m'avait scotché, là au fond de l la salle, je l'imaginais, vagabonder, et puis aussi parler à l'oiseau de feu, qui était apparemment son oiseau imaginaire de compagnie. ...

Journal d'un prolétaire parisien #18

Note de lecture Fiche de lecture : Manuscrits économico-philosophiques de 1844, Karl Marx Présentation du texte : Texte inachevé que Marx gardera tout au long de sa vie comme matériau qu’il complétera. Premier cahier : il reprend les catégories économique de Smith « Profit du Capital » « Salaire du travail » « Rente foncière » (qui détermine chez Smith trois catégories de prix. Le prix naturel qui est différent du prix réel (quantité de travail) qui est différent du prix de marché (offre et demande). Ces trois catégories expriment la structuration en classe de la société civile et articulent la différence entre la classe des travailleurs, la classe des capitalistes et les propriétaires terriens. Permet de montrer la contradiction entre le fait que le travail est source de la richesse et l’appauvrissement du travailleur. Il montre aussi que la propriété privée non remise en question, comme naturelle dissimule le fait de l’aliénation du travail. Deuxième cahiers : Le profit du capital es...

Journal d'un prolétaire parisien #17

 50 nuances de communisme face au désastre en cours. Interpréter le monde ne suffit pas, le transformer est nécessaire. A une époque où il est plus facile de changer sa vie que de changer le monde, tout en imaginant plus facilement la fin du monde plutôt que la fin du capitalisme, nous sommes tous pris de sidération. Pendant longtemps, on nous a vendu la liberté comme étant une liberté de pouvoir et devoir choisir. Sarte en fut l'un des grands penseurs. Depuis quelques années, je navigue à l'extrême gauche, sans réussir à y trouver ma place. Deux paramètres s'imbriquent : les partis d'avant garde cherchent des militants fiables. Je suis un prolétaire défavoriser au parcours chaotique. Les organisations sont méfiantes, manquent ausse d'actualiser leur forme d'organisation sur le principe du soin et de l'entraide. L'arène politique ne permet pas forcément de prendre soin des uns des autres. Alors que nous sommes face à une montée des impérialismes, des gue...

Journal d'un prolétaire parisien #16

 C'était "Punk" La première fois que j'ai aperçu Punk (c'était son blase, simple, basique), il hurlait complètement défoncé au Rivotril à l'angle de la rue piétonne, à Nevers. Il venait de sortir de prison. Dans ce genre de situation, on touche on petit pactole, et la frustration nous emmène souvent à deux endroits : chez les putes et chez le dealers. On finit souvent en garde à vue, car le corps et l'esprit ne suivent plus le rythme effréné de la vie d'avant. Je me souvenais de sa tenue kaki, de sa large crête châtain et frisée, de ses chiens de troupeau étrangement à l'aise dans le paysage urbain. J'avais 16 ans, lui la quarantaine. Il ne connaîtra pas ou peu la cinquantaine. La seconde fois où j'ai croisé Punk, on s'est rencontré. C'était mon premier hiver à la rue, et il avait décidé de me prendre un peu sous son aile. On avait fait la manche ensemble toute la journée. J'avais appris les bases : savoir faire rire les gens av...

Journal d'un prolétaire parisien #15

 Campisme ou ni ni ?   Le camp communiste se divise en deux d'un point de vue de l'analyse stratégique de la géopolitique. D'un coté, les marxistes-léninistes, qui priorise la chute de l'impérialisme américain, avec un soutien inconditionnel aux adversaires de ces derniers, sans indépendance de classe dans la lutte politique. En gros, ces derniers soutiennent les gouvernement en conflit avec les américains, sans pour autant amener un critique de ces régimes. Pour le camp marxiste-léniniste, il y a une sorte de moralisme et de néo colonialisme à faire une critique des pays du Sud Global, tout du moins des gouvernements en place. Par effet indirect, cela servirait les intérêts des impérialismes occidentaux (en exitent-ils d'autres ?). On retrouve parfois un paradoxe entre les déclarations publiques et les débats et idées des militants qui en cercles restreint ou au sein des organisation, acceptent la critique, même si elle est conflictuelle, de ces gouvermenents du Su...

Journal d'un prolétaire parisien #14

 Istanbul et la coupure médiatique Une semaine avec ma copine à Istanbul. Bien sûre, on ne coche pas toute les case que la gauche moraliste voudrait : on dort dans un hôtel miteux à 150€ la semaine, ou le lit était pas fait, en plein quartier touristique, on ne visite pas de musée, mais on se balade au hasard des rues, on mange et on se repose. On est bien entendu le mépris de cette gauche culturelle : le terreaux du tourisme de masse. Mais il faut comprendre : on économise de l'argent à voyager en compagnie low cost, on ne peut pas économiser pour un séjour écolo. Après 3 mois d'hiver éreintant on avait besoin d'une pause. Et ma copine manifeste tout les symptôme du burn out. Alors couper avec Paris (pas de résidence secondaire), juste une semaine, ça fait quand même du bien.  Pendant ce temps là, je vois la gauche se faire prendre au piège après la mort d'un jeune dans une baston où j'aurais très bien pu participer et mourir. Il y a 10 ans, les hools d'extrême...

Journal d'un prolétaire parisien #13

 Autonomie de classe, individu et collectif. Le prolétariat reste un continent inconnu. Il m'apparaît comme une classe sociale certes étudiée par les travailleurs de l'industrie de la connaissance, et souvent avec rigueur et scientificité. Le problème n'est pas là. J'ai fréquenté les université, Lorsque que j'étudie des auteurs marxistes, ce qui persiste et me désole, c'est cette propension à mettre l'accent sur l'impuissance, les faiblesses ou les défauts du prolétariat. La plupart des travaux me donnent une impression générale : nous ne sommes pas à la hauteur et nous ne sommes pas capables de lutter.  Le premier travailleur universitaire à m'avoir fait cette impression était Bourdieu. Bourdieu est un auteur puissant, sérieux et rigoureux. Mais comme beaucoup, la théorie critique est le départ d'un sentiment d'impuissance.   Pour faire simple, tout ce qu'ils et elles dévoilent des rapports sociaux, que ce soit en terme d...