Journal d'un prolétaire parisien #16
C'était "Punk" La première fois que j'ai aperçu Punk (c'était son blase, simple, basique), il hurlait complètement défoncé au Rivotril à l'angle de la rue piétonne, à Nevers. Il venait de sortir de prison. Dans ce genre de situation, on touche on petit pactole, et la frustration nous emmène souvent à deux endroits : chez les putes et chez le dealers. On finit souvent en garde à vue, car le corps et l'esprit ne suivent plus le rythme effréné de la vie d'avant. Je me souvenais de sa tenue kaki, de sa large crête châtain et frisée, de ses chiens de troupeau étrangement à l'aise dans le paysage urbain. J'avais 16 ans, lui la quarantaine. Il ne connaîtra pas ou peu la cinquantaine. La seconde fois où j'ai croisé Punk, on s'est rencontré. C'était mon premier hiver à la rue, et il avait décidé de me prendre un peu sous son aile. On avait fait la manche ensemble toute la journée. J'avais appris les bases : savoir faire rire les gens av...