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Journal d'un prolétaire parisien #15

 Campisme ou ni ni ?   Le camp communiste se divise en deux d'un point de vue de l'analyse stratégique de la géopolitique. D'un coté, les marxistes-léninistes, qui priorise la chute de l'impérialisme américain, avec un soutien inconditionnel aux adversaires de ces derniers, sans indépendance de classe dans la lutte politique. En gros, ces derniers soutiennent les gouvernement en conflit avec les américains, sans pour autant amener un critique de ces régimes. Pour le camp marxiste-léniniste, il y a une sorte de moralisme et de néo colonialisme à faire une critique des pays du Sud Global, tout du moins des gouvernements en place. Par effet indirect, cela servirait les intérêts des impérialismes occidentaux (en exitent-ils d'autres ?). On retrouve parfois un paradoxe entre les déclarations publiques et les débats et idées des militants qui en cercles restreint ou au sein des organisation, acceptent la critique, même si elle est conflictuelle, de ces gouvermenents du Su...

Journal d'un prolétaire parisien #14

 Istanbul et la coupure médiatique Une semaine avec ma copine à Istanbul. Bien sûre, on ne coche pas toute les case que la gauche moraliste voudrait : on dort dans un hôtel miteux à 150€ la semaine, ou le lit était pas fait, en plein quartier touristique, on ne visite pas de musée, mais on se balade au hasard des rues, on mange et on se repose. On est bien entendu le mépris de cette gauche culturelle : le terreaux du tourisme de masse. Mais il faut comprendre : on économise de l'argent à voyager en compagnie low cost, on ne peut pas économiser pour un séjour écolo. Après 3 mois d'hiver éreintant on avait besoin d'une pause. Et ma copine manifeste tout les symptôme du burn out. Alors couper avec Paris (pas de résidence secondaire), juste une semaine, ça fait quand même du bien.  Pendant ce temps là, je vois la gauche se faire prendre au piège après la mort d'un jeune dans une baston où j'aurais très bien pu participer et mourir. Il y a 10 ans, les hools d'extrême...

Journal d'un prolétaire parisien #13

 Autonomie de classe, individu et collectif. Le prolétariat reste un continent inconnu. Il m'apparaît comme une classe sociale certes étudiée par les travailleurs de l'industrie de la connaissance, et souvent avec rigueur et scientificité. Le problème n'est pas là. J'ai fréquenté les université, Lorsque que j'étudie des auteurs marxistes, ce qui persiste et me désole, c'est cette propension à mettre l'accent sur l'impuissance, les faiblesses ou les défauts du prolétariat. La plupart des travaux me donnent une impression générale : nous ne sommes pas à la hauteur et nous ne sommes pas capables de lutter.  Le premier travailleur universitaire à m'avoir fait cette impression était Bourdieu. Bourdieu est un auteur puissant, sérieux et rigoureux. Mais comme beaucoup, la théorie critique est le départ d'un sentiment d'impuissance.   Pour faire simple, tout ce qu'ils et elles dévoilent des rapports sociaux, que ce soit en terme d...

Journal d'un prolétaire parisien #12

Mes amis vont mal. La division du travail social provoque un individualisme en expansion. Alors que nos vie sont régie par le régime du salariat, prendre soin de celles et ceux qui nous entourent devient un métier, ou un déni. La tendance sacrificielle s'invite parfois au interstice de cette défaillance. Alors que chaque jours la précarité reste mon terrain pour gagner mon pain quotidien, je refuse de laisser celles et ceux qui m'entoure dans ma vie privée s'enfoncer dans la merde et la dépression. Peu importe la nature du lien. J'ai été de ceux que la solitude à envoyé dormir dans un cimetière, suite à une expulsion d'un centre pour S.D.F, de ceux qu'on envoie en prion pour leur propre bien, de ceux que la famille ne peut plus assumer parce que devenu une souffrance. Ces cicatrices ne seront jamais une tendance au repli sur soi, mais l'occasion d'affronter l'altérité, de comprendre et de retrouver de l'humanité dans des liens, dans le tumulte, l...

Journal d'un prolétaire parisien #11

 Pour aller mieux, se servir des acquis de Lénine. Guillaume Fondu a proposer quelques fondements pour penser une manière de faire de la politique. En passant par Lénine. Pour Fondu, Lénine apporte trois points essentiels.  Nous savons pertinemment que nous partons de loin. Le mouvement ouvrier a été détruit par les attaques du néo-libéralisme, les changements profond de l'économie et la déception, la désillusion que les travailleurs ressentent après les trahison du réformisme de gauche. A gauche nous pensons qu'il est indispensable de s'investir dans les luttes syndicales. Nous pensons qu'une des manières qui nous permettent de transformer le monde se réalise dans l'activité syndicale. C'est indéniable. Et de ce coté là, le travail est déjà immense. Le syndicalisme doit être investit par les travailleurs. Les pratiques de luttes et la formation de sujet collectif combatif à partir du travail est trop peu investit par les travailleurs.  A travers la figure de Lé...

Journal d'un prolétaire parisien #10

 Reste à ta place. "Je comprends pas pourquoi tu t'angoisse autant pour de la politique, on a aucun pouvoir là dessus, on a déjà du mal à s'occuper de nos propres vie" Voilà, comment on se retrouve le nez dans sa propre merde, avec la "sagesse populaire" de ses proches. Effectivement, la phrase m'a marqué. Parce qu'elle raconte plusieurs choses. Déjà, cette lucidité qui amène n'importe quel travailleurs dans ce monde à savoir que sans pouvoir, on est personne. Un militant trotskyste le résumait avant son procès pour apologie du terrorisme : "si moi, militant révolutionnaire, on me fout un procès, alors qu'est ce que le prolo moyen se dit?!". Sans aucun contact, avec un mouvement ouvrier qui se relève péniblement de 30 ans de réformisme et d'attaque néo-libérale, on est bien conscient d'être dans les choux, à manger la répression plein pot, les problèmes de frics, les guerres internes par manque de vision commune, le manque d...

Journal d'un prolétaire parisien #9

 "La magie et la poésie de la neige"  C'est beau la neige ? Selon l'histoire qu'on se trimballe, cette poésie est relative. Nevers, fin des années 2000, je sors de la ferme de mes parents, avec une branlé magistrale par mon daron, 1m90 et 110 kg de force brute, forgé à 40 ans de charbon dans les prés. Pas grave, je quitte le lycée en finissant en garde à vue, vite confronté à faire la manche, dormir dehors, donc avec mec chaussures dans le sac de couchage. Les inquiétudes de tabassage en prime en pleine nuit. Un soir, on décide de prendre d'assaut à 4 ou 5 les anciens bâtiment de l'ancien hôpital. On s'installe. Refait ! Enfin une nuit à l'abri. 3h du mat', le vigile veut checker que le bat est vide. Le pit-bull de mon pote lance l'alerte. On est grillé. Le mec est désolé, mais c'est dehors, il peut perdre son taf. Mon mépris pour le prolétariat commence sans doute à cette époque, par manque de compréhension des enjeux. Nous y voilà, su...