Journal d'un prolétaire parisien #15
Campisme ou ni ni ?
Le camp communiste se divise en deux d'un point de vue de l'analyse stratégique de la géopolitique. D'un coté, les marxistes-léninistes, qui priorise la chute de l'impérialisme américain, avec un soutien inconditionnel aux adversaires de ces derniers, sans indépendance de classe dans la lutte politique. En gros, ces derniers soutiennent les gouvernement en conflit avec les américains, sans pour autant amener un critique de ces régimes. Pour le camp marxiste-léniniste, il y a une sorte de moralisme et de néo colonialisme à faire une critique des pays du Sud Global, tout du moins des gouvernements en place. Par effet indirect, cela servirait les intérêts des impérialismes occidentaux (en exitent-ils d'autres ?). On retrouve parfois un paradoxe entre les déclarations publiques et les débats et idées des militants qui en cercles restreint ou au sein des organisation, acceptent la critique, même si elle est conflictuelle, de ces gouvermenents du Sud Global.
D'un autre coté, on retrouve l'aile gauche du communisme, en France incarnée par le trotskysme, qui ne fait pas l'économie d'une critique politique des gouvernements qui combattent l'impérialisme américain. L'exemple le plus frappant est celui de la tendance moreniste, Révolution Permanente, qui en relisant Clausewitz, a su poser une différence entre camp politique et camp militaire. La stratégie de ces derniers est de construire un parti de classe, avec une politique de classe, mais surtout avec une certaine vision de l'internationalisme et surtout avec une stratégie révolutionnaire intransigeante. Souvent comprise comme idéaliste, cette manière de construire un horizon politique est plutôt une bataille contre "la politique du moindre mal".
Aux fondements de cette division, on peut retrouver un conflit qui dure depuis des décennies : l'opposition entre Staline et Trotski. Je laisserais aux historiens le choix des périodes à prendre en compte, mais même lors de la révolution de février 1917, on retrouve, à partir d'avril, dans les Thèse d'avril de Lénine, une opposition à la politique conciliatrice que le parti (sous la direction notamment de Staline) concédaient aux mencheviks. A cela on peut opposer la théorie du socialisme dans un seul pays de Staline (considérer comme une théorie gradualiste) et la théorie de la révolution permanente (qui est toujours à actualiser car elle combine réforme de démocratie radicale à perspective révolutionnaire).
Ces deux conception du communisme donnent lieu à des affrontements, et à un affaiblissement du mouvement communiste. Car les deux se réclament de Lénine, mais son incapable de construire un front ouvrier anti-impérialiste (Lénine le théorisa dans les dernières années de sa vie, en 1923). Entre caprice identitaire et posture révolutionnaire attentiste (propre à Lutte ouvrière par exemple), la question de l'autonomie de notre classe n'est plus au centre de l'élaboration d'une riposte. La focale est dorénavant mise par les militants impliquée sur les positions de chaque organisation.
Après avoir vécu un désarroi assez conséquent face à cette situation, il me semble que les deux camps sont irréconciliable, même si des initiatives doivent continuer à être prise dans les deux cas. La rationalité du débat n'est pas une solution miracle, chacun garde ses contradiction, et chaque organisation gagnera à se tourner vers le prolétariat pour construire un anti impérialisme qui pourra, depuis un centre impérialiste, bloquer la chaîne d'approvisionnement, envoyer un message clair depuis la rue, et souder le prolétariat dans une conscience de classe.
Venant des mouvances autonomes, mon choix est fait, j'ai toujours été révolutionnaire, et les réformes n'ont jamais été pour moi autre chose qu'un peu de beurre dans les épinards. Reprendre le pouvoir sur nos vies n'a pas pour horizon la reconstruction d'un Etat social de type keynésien, mais bien le dépérissement de l'Etat.
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