Journal d'un prolétaire parisien #18

Note de lecture

Fiche de lecture : Manuscrits économico-philosophiques de 1844, Karl Marx
Présentation du texte :
Texte inachevé que Marx gardera tout au long de sa vie comme matériau qu’il complétera.
Premier cahier : il reprend les catégories économique de Smith
« Profit du Capital »
« Salaire du travail »
« Rente foncière »
(qui détermine chez Smith trois catégories de prix. Le prix naturel qui est différent du prix réel
(quantité de travail) qui est différent du prix de marché (offre et demande).
Ces trois catégories expriment la structuration en classe de la société civile et articulent
la différence entre la classe des travailleurs, la classe des capitalistes et les propriétaires
terriens. Permet de montrer la contradiction entre le fait que le travail est source de la richesse
et l’appauvrissement du travailleur. Il montre aussi que la propriété privée non remise en
question, comme naturelle dissimule le fait de l’aliénation du travail.
Deuxième cahiers : Le profit du capital est le seul véritable but de la production capitaliste.
Troisième cahiers : Préface et critique de Hegel.
Note sur la théorie de l’aliénation selon Marx.
La définition du travail chez le jeune Marx (qui sera complété lors du travail qu’il fera dans Le
Capital) : Le travail n’est pas aliénant à la base. C’est une activité faite pas un sujet (quelqu’un)
donc subjective, qui se fixe dans un objet, donc s’objective. On parle de l’essence de l’activité
(son invariant, ce qui ne change pas), même lorsqu’il y a travail aliénant, l’activité subjective se
fixe dans le travail mais il y a perte de l’objet, asservissement et déréalisation, ce n’est plus une
affirmation de soi.
L’aliénation n’est pas successive à la production d’objet (activité subjective qui s’objective par le
travail), mais l’aliénation est le cadre dans lequel se réalise cette activité. Ce n’est pas juste
parce que l’objet n’appartient pas au producteur au sens premier du terme, mais parce que la
totalité de l’expérience que l’homme accomplit se réalise dans un cadre de dépossession. Il ne
travaille pas pour soi (à entendre pour l’humain) mais pour un autre (à entendre pour la
bourgeoisie).
On pourrait croire que l’aliénation se déroule qu’en une étape, le fait de fixer son activité dans
un objet qui devient étranger à soi même mais le commentateur nous met en garde :
« Le fait de l’aliénation ne consiste pas en ce que le travailleur voit le produit de son activité
subjective productrice s’imposer et s’opposer à lui sous la forme étrangère de l’objet ou de la
chose inerte, mais en ce que cette activité naturellement auto-objectivante qu’est le travail
aboutisse à ce que le travailleur se retrouve dépourvu ou privé d’objet « sans objet ». Ce qu’il
s’agit de comprendre, c’est que l’objectivation aboutisse à l’absence d’objet. »
Il faut sortir de la distinction sujet objet de la philosophie classique pour comprendre
l’entrelacement du sujet-objet depuis Hegel. En fait l’objet se met à avoir une existence
autonome, c’est le fait de l’aliénation.De manière plus concrète, on peut dire que le travailleurs est privé des objets qu’il produit, mais
aussi de ceux dont il a besoin pour pouvoir vivre et travailler (la nourriture et les outils par
exemple). L’aliénation, c’est la privation du travail lui même, qu’il soit direct ou indirect (Marx ne
pense pas encore le travail comme marchandise et ne fait pas encore la différence entre travail
mort et travail vivant). Le travailleurs (à entendre comme sujet individuel et collectif), travaille
sans cesse pour un autre que le lui même. Cette activité objectivante perd le sens qu’elle
devrait avoir.
« c’est dans l’épreuve passive du besoin que les hommes s’affirment en s’activant dans
l’appropriation en acte des objets de leurs propres besoins. »
L’homme est à la fois passif et actif, en étant une partie de la nature. Il a des besoin qui
l’affectent (passivité face à ses besoin) mais son activité objectivante (le travail), lui permet de
satisfaire ses besoins, là, c’est le rapport de base à la nature qui fonde l’essence de l’humanité.
En partant de cette manière de voir les choses, il n’y a rien d’aliénant. Mais la capitalisme prive
l’homme de cette activité, en rendant le travailleurs passif qui ne décide pas de comment se
déroule cette interconnexion.
Pour Fischbach « l’aliénation n’est pas une objectivation, mais sa version pathologique, c’est
une objectivation qui rate et qui échoue ». Cette objectivation se réalise dans le travail mais
aussi en dehors de la sphère du travail, Marx l’illustre très bien en disant que le travailleurs
irlandais n’a pas besoin de manger des patates mais seulement des patates à cochons. Ici pour
Marx, le travail conduit à la négation complète des besoins, c’est pour cela qu’il vit dans des
conditions indignes (Marx s’inspirera du travail de Engels dans La situation des classes
laborieuses pour illustrer son propos). Le travailleurs perd son objectivation (à la fois l’activité du
travail, mais aussi l’appropriation d’objet, pour ses besoins). Quand il se met au travail, ça ne
vient pas de lui-même, c’est une activité qui est complètement extérieur à lui.
Résumons avec les mots du philosophe, la perte de l’objet (aliénation comme désobjectvation
de soi) aboutit à :
« 1) le producteur est réduit à une pure activité, ou activité pure, c’est à dire à une
capacité ou puissance abstraite de travail qui doit attendre que les conditions objectives
e sa mise en oeuvre lui soient fournies du dehors, par un autre qui les possèdes
2) lorsque cette pure puissance subjective de travail est mise en oeuvre, elle est vécue
et expérimentée par le travailleur comme une négation de son activité, comme une
activité d’un autre en lui et comme activité pour un autre que lui, s’effectuant en lui
malgré lui et contre lui. »
Comment se constitue le sujet aliéné ?
« L’aliénation, écrit Marx, apparaît dans le fait que mon moyen de subsistance appartient
à un autre, que ce qui est mon souhait est la possession inaccessible d’un autre »
Ce qu’il faut comprendre, c’est que jusqu’à présent on a analyser comment fonctionnait
le processus d’aliénation, mais pas le sujet aliéné. C’est à dire qu’on a analyser comment se
passait les chose de l’extérieur, mais pas du point de vue de l’analyse de ce qui se passait chez
le travailleurs en tant que sujet, mais plutôt en tant qu’il est une partie du processus. Ce qui se
joue chez le travailleur, c’est que ce processus est une entrave, il ne peut pas avoir de besoin,
et même une vie qui ne soit pas mutilé. Il lui manque toujours quelque chose. Et ce n’est pas
une histoire uniquement de pouvoir d’achat. Il n’est pas capable d’écouter ses besoin car sontravail, le cadre dans lequel il fait son travail, son milieu, l’endroit où il vit, la totalité de la
reproduction des conditions de vie de l’homme sont affecté par le processus d’aliénation.
« Ce dont il y a privation, c’est du besoin, du souhait, du désir, c’est à dire de la part passive,
affectée de notre être. » Ici le commentateur investit un autre niveau d’abstraction (il pense
autre chose que le processus pour se concentrer sur le sujet). On sort du champ du travail et de
la production, même si à nos yeux il reste premiers, pour montre que par exemple, la publicité,
est le résultat d’une aliénation, en étant passifs à notre place, c’est à dire, en affectant nos
désirs à notre place.
En fait ça peut paraît contradictoire mais la conception du sujet en tant que pure activité
subjective et incapacité de fixer son activité dans un objet est à la source de l’aliénation. Que ce
soit au travail ou dans la vie en dehors du taf. 

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Journal d'un prolétaire parisien #16

Journal d'un prolétaire parisien #10

Journal d'un prolétaire parisien #8