Journal d'un prolétaire parisien #9

 "La magie et la poésie de la neige"

 C'est beau la neige ? Selon l'histoire qu'on se trimballe, cette poésie est relative. Nevers, fin des années 2000, je sors de la ferme de mes parents, avec une branlé magistrale par mon daron, 1m90 et 110 kg de force brute, forgé à 40 ans de charbon dans les prés.

Pas grave, je quitte le lycée en finissant en garde à vue, vite confronté à faire la manche, dormir dehors, donc avec mec chaussures dans le sac de couchage. Les inquiétudes de tabassage en prime en pleine nuit.

Un soir, on décide de prendre d'assaut à 4 ou 5 les anciens bâtiment de l'ancien hôpital. On s'installe. Refait ! Enfin une nuit à l'abri. 3h du mat', le vigile veut checker que le bat est vide. Le pit-bull de mon pote lance l'alerte. On est grillé. Le mec est désolé, mais c'est dehors, il peut perdre son taf. Mon mépris pour le prolétariat commence sans doute à cette époque, par manque de compréhension des enjeux.

Nous y voilà, sur le trottoir en face d'un bâtiment vide. Trop rincé pour trouver une autre solution, on jette l'ancre au pied de notre échec. Les flocons tombent sur les sacs de couchages, j'ai juste la crête qui dépasse du sac de couchage. Une technique que j'utilisais pour dissuader les faf de nous tabasser : montrer que y'avait pas que de vieux sac à vin dans les rues.

C'était ma première mais pas ma dernière nuit sous la neige. J'y repense à chaque tombé de flocon. Et les poètes me font doucement rigolé.  

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