Journal d'un prolétaire parisien #10
Reste à ta place.
"Je comprends pas pourquoi tu t'angoisse autant pour de la politique, on a aucun pouvoir là dessus, on a déjà du mal à s'occuper de nos propres vie"
Voilà, comment on se retrouve le nez dans sa propre merde, avec la "sagesse populaire" de ses proches. Effectivement, la phrase m'a marqué. Parce qu'elle raconte plusieurs choses. Déjà, cette lucidité qui amène n'importe quel travailleurs dans ce monde à savoir que sans pouvoir, on est personne. Un militant trotskyste le résumait avant son procès pour apologie du terrorisme : "si moi, militant révolutionnaire, on me fout un procès, alors qu'est ce que le prolo moyen se dit?!".
Sans aucun contact, avec un mouvement ouvrier qui se relève péniblement de 30 ans de réformisme et d'attaque néo-libérale, on est bien conscient d'être dans les choux, à manger la répression plein pot, les problèmes de frics, les guerres internes par manque de vision commune, le manque d'éducation politique.
Mais ce que cette phrase dit aussi, c'est comment on nous a appris à bien fermer nos gueules, comment on a apprit à ne pas rêver trop grand, à ne pas rêver du tout. Toute notre putain de vie, les médias réactionnaires nous on appris à avoir honte de nos aspirations.
Entre addictions, troubles psy, la gamberge pétrifie tout militant un peu trop consciencieux. On dit qu'en politique, il faut se salir les mains, ou jetter les gants de boxe et deserter le ring. En ayant grandit loin de tout ça pendant longtemps, j'ai toujours cette impression d'étrangeté face aux autres militants. Loin de me croire être une singularité, quelqu'un de différent où je ne sais quelle connerie, j'y vois surtout une incapacité à penser sur le long terme. Me foudroyant et auto sabotant toute expérience.
Commentaires
Enregistrer un commentaire