Journal d'un prolétaire parisien #7
Noël au balcon, une conscience de classe écologiste est-elle possible?
C'est l'heure de décorer les sapins dans les familles de tradition chrétienne. Alors je me suis prêté au jeux ce week-end chez ma belle famille. Un détail m'a fait tilter : le sapin avait déjà des bourgeons. Normalement l'hiver, il fait assez froid pour que les arbres ne bourgeonne pas, mais cette année, le gèle n'a pas été suffisant, la sève n'est pas redescendu dans les racines et les arbres ont l'impression que c'est déjà reparti pour un tour.
Alors en tant que gosse de la campagne, j'ai eu le coup d'oeil, mais je me rend compte qu'autour de moi personne n'a titlé. Ma belle famille, est plutôt du genre intello. Comme quoi ça ne suffit pas d'écouter Jancovici pour repérer en pratique quand ça part totalement en couille. En plus de ça, j'ai l'impression qu'on s’accommode très bien des températures douces en hivers. Y'a un sursaut quand on en chie sur les chantiers, dans les bureaux ou les transports pendant l'été, mais après deux trois plaintes, on finit par s'y faire, et surtout on y peut rien.
J'ai regardé les prix pour partir en vacances en train, c'est même pas enviseageable, si tu veux sortir de la France. Avec des congés payé limité, tu fais au plus vite pour passer du bon temps. Pour la bouffe, la production de bonne bouffe est inaccessible (en terme de prix et d'endroit pour la trouver).
La petite bourgeoisie peut se satisfaire de petits gestes qui donnent du sens, avec un sentiment d'accomplissement. Mais quand tu n'as pas les moyens, t'es juste démuni face à cette tornade de merde qui s'annonce. On commence déjà à penser nos déménagement en fonction de l'exposition au soleil, aux inondations, mais c'est bien la seule manière qu'on a trouvé pour se préserver un peu.
La difficulté à élargir notre conscience de classe au prisme de l'écologie me paraît insurmontable aujourd'hui, ou alors à la marge, comme lorsque les soulèvements de la Terre arrivent à créer un beau jeux collectif pour mettre en lumière les aberrations de l'agro-industrie. Même les problèmes des paysans n'arrivent pas à se problématiser par l'écologie.
Bon courage camarades.
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