Journal d'un prolétaire parisien #6

 Survivre en banlieue, taffer à la capitale

    C'est tout les jours la même merde, un dilemme à résoudre : soit tu te lève à 5h pour pouvoir faire deux trois trucs avant le taf, quand t'as encore de la jugeote et de la concentration, soit tu dors, et t'as pas l'impression d'avancé. Et ça continu : soit tu prend les transports une heure mais t'es assis, en prenant des trains qui mettent des plombes, soit tu prends 20 minutes les transports bondé; collé à l'écran de ton voisin, quand c'est pas la gueule dans son sac à dos. 

    J'ai choisis la première solution, notamment parce que j'ai besoin de rester un peu humain quand j'arrive au taf, que je me tape tout les jours deux heures de réunions pour prendre des décisions collectivement avec mes collègues, à propos de gens qui sont déjà pas mal dans la galère.

    S'ensuit 8 heures de taf dans la Capitale. En moyenne, c'est entre 10 km et 15 km à pied par jours pour aller d'un appartement à un autre, pour souvent arriver chez des gens qui vont mal, avec qui il faut faire gaffe au moindre geste, à la moindre posture. Et puis il faut gérer les relations au taf, l'ego de chacun, le collègue qui a besoin qu'on rigole au moins une fois à sa blague pour se sentir en sécurité affictive. Ceux qui ont finit par raccrocher les crampons, devant l'écran pendant toute la journée. 

    Et puis y'a la pause du midi, ou faut arbitrer entre un repas au budget que l'entreprise nous alloue (10€), donc bouffer de la junk food, ou choisir un plat unique à presque 15 balles dans un "bistrot" parisien. 

    Et puis parfois, un mort, une overdose, un locataire qui vit dans ses excréments, un collègue qui estime qu'il n'est pas payé assez pour faire le ménage chez le locataire, et donc la conscience qui se bat avec toutes ces contradictions.

    Vient ensuite les mauvaises nouvelles du quotidiens : déficit, poste non renouvelé, manque de démocratie interne, ragot.

     Il est 17h, il faut choisir, est ce que je reprends les transports bondé, est ce que je milite comme je peux avec cette fatigue qui me tombe sur les épaules ? Est ce que je subis cette salope d'addiction et que je passe au four dépenser l'argent que j'ai pas ? 

    Il est 19h, les courses sont faites, douche, un polar, et quand on a de la chance avec ma meuf, on se retrouve, mais il arrive qu'on refuse de baiser, parce que demain on se lève trop tôt. Le salariat est la pire des cames. Et celles et ceux qui nous refuse le pouvoir dans les entreptrises n'auront jamais ma considération. 

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