Journal d'un prolétaire parisien #5
"Paris nous nourris, Paris nous affame, Paris nous tient. Et si tes neurones peuvent suivre, bienvenue dans ce monde ivre." La Rumeur
Le taf ou la taule. Les pilules ou la dépression. Trop souvent, la gauche éduquée nous regarde de haut, arguant l'aliénation comme mode de vie des classes populaires. Que ce soit lorsqu'on se débranche la tête devant des short Youtube, au PMU à mater les courses, au four à revendre deux trois sachets pour arrondir les fins de mois ou juste ramener de quoi payer les loyers. Nos modes de vie sont sujet à la honte, et chaque travailleur sait que la pudeur est une des conditions de survie dans son entourage, surtout si il milite. Alors que le métro se remplie comme une bétaillère à bestiaux, qu'on nous réveille à l'aube pour des salaires insultants, qu'on perd des chicots dans des bastons avec des frères, des soirs de cuite, où lorsqu'on a besoin de s'affronter à d'autres masculinité, particulièrement celle de la bourgeoisie (qui n'a pas fait une descente dans les beaux quartiers pour se tester ?), la gauche nous fait la morale ou nous ostracise. Nous ne serions pas fiable pour faire le sale boulots de militants, par présentable, on ferait perdre du temps à être défendu chez les chiens de gardes. Alors on cloisonne nos vies, parce que sinon c'est la mort sociale. Les grandes villes ont cette avantage et inconvénient de nous noyé dans l'anonymat. A chaque bails ses secteurs et ses têtes. Là où le village laisse traîner chaque rumeurs comme un stigmate insoluble, Paname nous permet d'avoir de quoi souffler dans l'ambiance et l'air vicié de son atmosphère. Les gens et les milieux deviennent aussi des mouchoirs jetable. Et l'impression d'être un lambda au milieu des autres s'accentue.
Pour ne pas rougir, assumer et prendre des coups devient indispensable, sinon c'est la sckizophrénie ou le repli sur soi garanti. Mais personne n'est en marbre et sans entraide et solidarité, beaucoup deviennent de grands gaillards, certes encannaillé, mais d'un individualisme pathétique. Savoir que ce monde et nous sommes respectivement à l'image de ce qu'on peut être, les travailleurs n'ont plus à rougir de leur taf de merde ou de leur faiblesse. Changer sa vie plutôt que changer le monde, la tactique de chaque petit bourgeois individualiste, est tout simplement innaplicable pour notre classe. Nos banlieues n'ont pas les luxures du dixième arrondissements. Alors camarade, entre cicatrice et trophée de guerre, ton mode de vie n'a rien à envier à ceux des bourgeois. Les failles sont à combler, les solidarités à reconstruire.
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