Journal d'un prolétaire parisien #3

 Arrêt de travail

Les drogues sont à la fois poison et remède. Le fameux "pharmakon" de Platon. Lorsque les journées se font trop difficiles, je flanche, et direction le quartier d'en face pour prendre un gramme de d'héroïne et de cocaïne. La fonction du produit est indispensable à comprendre pour celui qui veut comprendre et dompter ses addictions, tant bien que mal. Environ une fois par mois, je raccroche les crampons, et je met mon cerveau sur pause. Car non, la lecture de polar, les films au mk2 et les moments de dérives dans les rues parisiennes ne suffisent pas. Presque 20 ans que je fonctionne comme ça, depuis le travail du sexe, en passant par les 3x8 et maintenant le travail social. Je suis remplie de colère quand je vois cette bande de politicard dire qu'ils vont lutter contre le "narco-traffic". Le jour où le narco traffic sera présent en France, les cartels contrôlleront des villes entières, des régions entières. On en est loin. Et mon agacement se dirige aussi vers mes camarades, qui ne pense pas assez la question de manière matérialiste.

Mais qu'importe. Aujourd'hui j'ai pris deux jours d'arrêt. L'époque décide de qui a le droit d'avoir ses trois jours de carences payé par la boîte. J'en fais partie. Mais les médecins sur les plates-formes numériques sont des chiens de la casse. Ils font tout pour te mettre dans la merde. Ils te culpablisent pour que tu retourne travailler au plus vite, histoire de mettre les choses au clair : ce ne sont pas des camarades. Les directives des hautes instances sanitaires sont clairs : les travailleurs doivent se buter au travail. Et je te raconte même pas les délais de paiement. 

Alors pour se détacher de la culpabilité, c'est la danse des seringues, parce que ce monde nous met une pression de fou. Plus jamais il me feront rougir d'avoir été broyé par ce monde.  

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Journal d'un prolétaire parisien #10

Journal d'un prolétaire parisien #8

Fiche de lecture : Engels - Socialisme utopique & socialisme scientifique