Journal d'un prolétaire parisien #2

 L'essorage permanent.

 Une des contradiction que je rencontre, c'est l'isolement et le manque de temps. Sans cesse éprouver par les cadences et la violence du salariat en semaine. Puis l'épuisement du week-end qui pose comme problème : "comment reproduire sa force de travail en s'émancipant un peu?".

Le flux d'info et la quantité de bonnes infos, de mauvaise, à traiter donne le vertige. Et même avec une formation militante, on ne sait plus où donner de la tête. Sans doute la faute à une vision du monde qui s'arrête à l'individu comme étant la solution au problème. On se dit qu'on doit savoir ce qu'il se passe dans le monde, qu'on doit pouvoir avancer des arguments et connaître ce monde pour pouvoir discuter avec les gens. Cette angoisse et cette injonction font souvent de nous des gens antipathiques, parce qu'on donne l'impression d'avoir la science infuse. On déborde de connaissance qui pour nous vont de soit, mais notre entourage est agacé. 

Et je comprends ce qu'il peuvent ressentir. J'étais dans une librairie l'autre jour où était sur le présentoir un livre qui remet en question le testament de Lénine. Une vérité bien établie pour moi. L'effort que me demanderais la lecture de ce pavé n'est pas dans mes cordes. Alors je fais le parallèle avec mon entourage qui se retrouve avec des contradictions et que ça doit bousculer. 

Ce monde qui nous essor, par le travail, les publicités incessantes, est profondément toxique, et on est pas en reste de ne pas reproduire les saloperies. C'est là qu'on doit pouvoir compter sur un sujet collectif, comme le parti, pour pouvoir donner sa confiance aux autres, opérer une division du travail sans tomber dans la bureaucratie. 

Prendre du bon temps (le droit à la paresse n'est pas un luxe), est indispensable pour qu'on puisse être en lien avec les autres en reproduisant le moins possible les oppressions qu'on subit. "Les masses fonctionnent à l'économie". C'est une sagesse populaire. Ne pas se flinguer au boulot, c'est savoir se préserver de pas mal de maladies, et de pouvoir esperer passer du bon temps en attendant que le pouvoir change de main.  

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