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Affichage des articles du novembre, 2025

Journal d'un prolétaire parisien #3

 Arrêt de travail Les drogues sont à la fois poison et remède. Le fameux "pharmakon" de Platon. Lorsque les journées se font trop difficiles, je flanche, et direction le quartier d'en face pour prendre un gramme de d'héroïne et de cocaïne. La fonction du produit est indispensable à comprendre pour celui qui veut comprendre et dompter ses addictions, tant bien que mal. Environ une fois par mois, je raccroche les crampons, et je met mon cerveau sur pause. Car non, la lecture de polar, les films au mk2 et les moments de dérives dans les rues parisiennes ne suffisent pas. Presque 20 ans que je fonctionne comme ça, depuis le travail du sexe, en passant par les 3x8 et maintenant le travail social. Je suis remplie de colère quand je vois cette bande de politicard dire qu'ils vont lutter contre le "narco-traffic". Le jour où le narco traffic sera présent en France, les cartels contrôlleront des villes entières, des régions entières. On en est loin. Et mon agacem...

Journal d'un prolétaire parisien #2

 L'essorage permanent.  Une des contradiction que je rencontre, c'est l'isolement et le manque de temps. Sans cesse éprouver par les cadences et la violence du salariat en semaine. Puis l'épuisement du week-end qui pose comme problème : "comment reproduire sa force de travail en s'émancipant un peu?". Le flux d'info et la quantité de bonnes infos, de mauvaise, à traiter donne le vertige. Et même avec une formation militante, on ne sait plus où donner de la tête. Sans doute la faute à une vision du monde qui s'arrête à l'individu comme étant la solution au problème. On se dit qu'on doit savoir ce qu'il se passe dans le monde, qu'on doit pouvoir avancer des arguments et connaître ce monde pour pouvoir discuter avec les gens. Cette angoisse et cette injonction font souvent de nous des gens antipathiques, parce qu'on donne l'impression d'avoir la science infuse. On déborde de connaissance qui pour nous vont de soit, mais not...